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Musique30 octobre 20193 min de lecture2 vues

Le tournage de mon premier clip : Pelo Gang

Mai 2019. Une affiche montée sur PicsArt avec un téléphone Android, un repérage chez les tantes de ma mère à Mvan, une journée entière de tournage et la cabine dans la foulée. Zéro budget. Tout ce que je sais faire aujourd’hui a commencé là.

L’affiche est sortie d’un téléphone Android

Le 5 mai 2019, je monte une affiche sur PicsArt. Pas sur un ordinateur : sur mon téléphone, un Android, assis dans ma chambre. Trois images empilées, mon nom d’artiste en capitales bleues en haut à gauche, « Pelo Gang » en lettres chromées rose et bleu en haut à droite, « un film réalisé par The Eknboy » écrit à la main en travers, et, en énorme au milieu, la date de sortie.

Je n’avais ni studio, ni budget, ni personne pour valider. J’avais une idée nette de ce que je voulais montrer et une application gratuite. Ça a suffi.

Toro Oups, et personne derrière

Le titre sortait sous le nom de Toro Oups. Pas de label pour pousser, pas d’attaché de presse, pas de plan de sortie. Un morceau, un nom, et l’envie de le mettre dehors.

C’est le détail que les gens oublient quand ils regardent le résultat : personne ne m’a donné la permission. J’ai commencé, et la permission est venue après.

La veille, à Mvan

Le tournage se faisait chez les tantes de ma mère, à Mvan, à Yaoundé. J’y suis allé la veille pour repérer : où se met la caméra, à quelle heure la lumière tombe dans la cour, quel mur fait un fond correct.

Le soir, j’ai écouté le morceau en boucle. Pas pour le plaisir — pour caler chaque plan dans ma tête, mesure par mesure. Le lendemain, je savais déjà ce que j’allais tourner. C’est la seule raison pour laquelle une journée a suffi.

Le jour J : coiffeur le matin, caméra jusqu’au soir

Je suis passé chez le coiffeur en premier. Ça paraît anecdotique ; ça ne l’est pas. Quand tu n’as pas d’équipe maquillage et pas de deuxième journée de tournage, ton image du jour est ton image définitive.

Ensuite on a tourné toute la journée, dans la cour et aux alentours, avec les gens du quartier dans le cadre. Et on a enchaîné directement sur les séances d’enregistrement audio pour finaliser le titre. Le même jour. Parce qu’on ne savait pas si on pourrait réunir tout le monde une deuxième fois.

Ce que ce clip m’a appris, et que je facture aujourd’hui

Direction artistique : choisir un fond, une couleur, une tenue, et s’y tenir. Débrouillardise : faire avec le lieu qu’on a plutôt que d’attendre celui qu’on voudrait. Montage : accepter de jeter des plans qu’on a eu du mal à obtenir.

Ce sont exactement les trois choses qu’on me demande maintenant sur des projets clients. Je les ai apprises dans une cour à Mvan, avec un téléphone et un morceau que personne n’attendait.

Si tu attends le bon matériel, tu attendras longtemps

Je n’ai pas commencé le jour où j’ai eu un bon appareil. J’ai commencé le jour où j’ai mis une date sur une affiche. Le matériel est venu après, parce qu’il y avait déjà du travail à montrer.

Ce que tu vois sur ce site — les sites, les identités, les documentaires, les photos publiées dans la presse panafricaine — tient sur cette première journée. Commence avec ce que tu as dans la main.

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