Actualité
Musique5 avril 20202 min de lecture1 vue2 partages

Derrière le piano… puis devant la caméra

Le 5 avril 2020, mon ingénieur du son est passé de l’autre côté de la vitre pour son premier clip. J’étais là, téléphone en main, à documenter la journée. Six ans plus tard, son studio tourne à Yaoundé.

Celui qui est toujours de l’autre côté de la vitre

Georskey, c’est mon ingénieur du son. Sa place habituelle, c’est derrière le piano et derrière la console : il enregistre les autres, il mixe les autres, il fait sonner les morceaux des autres. Personne ne le voit jamais.

Un ingénieur du son entend son propre travail cent fois par semaine dans la bouche de quelqu’un d’autre. C’est un métier qui rend invisible.

Le 5 avril 2020, il passe devant

Ce jour-là, c’était son tour. Son premier clip, sa voix, son visage dans le cadre. Le type qui règle les micros depuis des années se retrouvait à devoir jouer devant l’objectif.

Je suis venu pour l’accompagner. Pas comme technicien : comme quelqu’un qui sait ce que ça coûte de se mettre devant, et qui n’allait pas le laisser faire ça seul.

Ce que j’ai gardé de cette journée

J’ai documenté au téléphone, entre les prises. Ce qui reste, ce n’est pas le clip : ce sont les à-côtés. Un bucket hat vert, une sacoche en cuir en bandoulière, un mur de planches en plein soleil, les gens du plateau assis à l’ombre entre deux plans, les fous rires quand une prise rate.

Ce sont des images de téléphone, pas de reflex. Elles sont imparfaites et je n’y touche pas. C’est ce qui les rend datées au bon sens du terme : on voit l’année, on voit le matériel, on voit qu’on n’avait rien.

Six ans plus tard, Georskey Prod existe pour de vrai

Aujourd’hui Georskey Prod est un studio installé à Yaoundé : instrumentales, prises de voix, mixage, mastering, distribution sur les plateformes. J’ai fait son flyer de promotion — il est dans mon portfolio.

Entre le gars qui n’osait pas passer devant la caméra et le studio qui tourne, il y a six ans et une première fois. Il n’y a jamais rien d’autre.

La scène appartient à ceux qui la prennent

On a tous deux ou trois casquettes qu’on garde dans un tiroir parce qu’on ne se sent pas légitime. Le technicien qui écrit. Le comptable qui photographie. Le développeur qui chante.

La seule différence entre ceux qui sortent quelque chose et les autres, c’est une journée comme celle du 5 avril 2020. Une journée où on accepte d’être mauvais devant témoins.

Derrière le piano… puis devant la caméra — photo 1Derrière le piano… puis devant la caméra — photo 2Derrière le piano… puis devant la caméra — photo 3Derrière le piano… puis devant la caméra — photo 4

À lire aussi

Nous utilisons les cookies pour améliorer ton expérience.